Pour en revenir à l’idée d’un projet collectif comme celui d’un Design global (local-global), Il s’agit entre autres, de penser et réorganiser son quartier comme le ferait un jardinier japonais à l’aide d’une véritable pensée écologique. Un directeur artistique qui prendrait cette charge, tel un Asger Jorn devant un Bauhaus imaginiste international situationniste, ne pourrait l’assumer seul. L’université populaire de par son histoire est totalement légitime dans cette fonction à ouvrir les portes du savoir à tout être humain désireux de se forger à la pensée écocitoyenne du monde. Elle aurait un rôle fondamental dans l’apport de données et de matières premières au collectif d’artistes ayant pris en charge ce projet de bureau de design global public sous forme de contraintes et d’exigences au projet collectif.
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Dans ce cas il s’agit d’aborder directement une pensée alternative, de réfléchir au processus d’autonomisation individuelle et collective et d’entamer des processus qui mènnent à la résilience collective tout en adoptant la philosophie du grand refus à la pensée dominante. Le verdict est unanime au regard du panthéon des penseurs de l’universalité. Nulle solution alternative sans démocratie directe, sans mise en oeuvre effective d’un pouvoir transversal. Un tel projet comme le design global ne peut exister sans son parlement de quartier. Quel impact environnemental le développement de tel réseau nécessaire à l’élaboration de ces parlements de quartier à travers le monde peut-il avoir ? Il s’agit bien de développer dans ce cas une science des réseaux. Le pionnier de la structure holoptique de réseau est Jean-François Noubel. Chercheur, professeur et formateur en intelligence collective globale et fondateur du site thetransitioner.org, il s’inscrit dans la mouvance émergente des créatifs culturels qui tend vers une organisation sociale non pyramidale, soucieux d’une écologie à la fois de l’individu physique et spirituel, de la société et de l’environnement. Il y a aussi l’épistémologie complexe d’Edgar Morin qui se veut ouverte sur un certain nombre de problèmes cognitifs clés et se propose d’examiner non seulement les instruments de connaissance en eux-mêmes, mais aussi les conditions de production (neuro-cérébrales, socio-culturelles) des instruments de connaissance. Donner pleine réalité à la noosphère, c’est reconnaître la vie et l’existence objectives des idées. Les considérer sous l’angle de leur organisation, c’est permettre l’élaboration d’une science des idées ou noologie.
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C’est ainsi que le design global introduit à la science de la représentation.Celle des écosystème biologiques et sociaux dans leurs interactions. Celle des réseaux dans leur dynamique, et celle de la représentation que nous nous faisons nous-mêmes collectivement. C’est aussi une science de l’agrégation des compétences pour que chacun y trouve sa place et y apporte son vécu, (l’exemple du Parlement des invisibles de Rosenvallon ou bien l’artiste JR). C’est la proposition d’un cyber-romantisme. C’est une science de l’appropriation des canaux média. C’est un projet d’urbanisme, d’architecture de paysage, d’architecture dite positive, de design de vie, d’objets, de techniques (à ce propos le fait de se doter d’une instance techno-scientifique au sein du bureau de design global est essentiel), de transformation de notre environnement urbain vers des écosystèmes naturels d’un bout à l’autre de notre cadre de vie et des écosystèmes humains vers la résilience.
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C’est penser le recyclage total et ce qu’il produit dans notre quotidien. C’est une science de la projection des idées. Le bureau de design c’est entre autres, la maîtrise de la modélisation des interactions de phénomènes hétérogènes concourant à l’autonomie.
Il faut ouvrir les espaces et les perspectives du quartier, renouer avec l’hospitalité, savoir accueillir le voyageur et le migrant, relier les générations, relier les scolarisés et les sédentaires dépendants avec le nomade et les groupes de vie communautaires.
Il faut imaginer le nomade parcourant un champ ouvert suivant une ligne différen-iante de répétition. Il se déplace sur un territoire parfaitement inconnu sans se perdre. Ce n’est pas l’extravagant c’est bien l’expérimentateur et, de ce fait, le résistant qui sait créer, sans voiler les intérêts par les principes, tout en travaillant à vaincre l’angoisse des lendemains dans l’autonomie visée. Le nomadisme se présente comme un “horizon sans toit”, fracture virtuelle, ouverture des lieux, et est synonyme d’une pérégrination qui fortifie les rencontres, multiplie les évènements et adosse la croyance au monde. Cette philosophie soulève la question éthique essentielle d’une action obéissant aux valeurs suprêmes de la liberté, de l’équité, de la vérité, et de la double solidarité biologique et culturelle, s’organisant dans la coexistence des échanges et des donations de sens. La force positive ou utopique d’un concept philosophique dans Ie contexte de la nomadologie peut être mesurée selon deux axes: 1. sa capacité d’intervenir dans ce concept et de transformer nos habitudes de penser et de désirer; 2. sa capacité de donner expression à un devenir ou un mouvement social et alors de prolonger ou augmenter la force sociale de ce devenir, voire la faire propager à d’autres champs sociaux, la faire connecter avec d’autres devenirs. les engagements de la citoyenneté nomade sont pour ainsi dire horizontaux, par contraste avec les engagements verticaux de la citoyenneté normale: les citoyens nomades s’engagent directement avec d’autres gens et d’autres groupes, plutôt qu’avec l’Etat.
La pensée produite par l’université populaire au travers de l’interdisciplinarité induit une telle formulation plastique du projet de société proposé ensuite par le bureau de desing global discuté collectivement par le parlement de quartier jusqu’au consensus permettant ainsi l’action ou la revendication.
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