{"id":2343,"date":"2014-09-28T09:16:05","date_gmt":"2014-09-28T08:16:05","guid":{"rendered":"http:\/\/democrasite.com\/soliane\/?p=2343"},"modified":"2014-09-30T14:31:53","modified_gmt":"2014-09-30T13:31:53","slug":"la-praxis-autonome","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/2014\/09\/28\/la-praxis-autonome\/","title":{"rendered":"La \u00ab praxis \u00bb autonome"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: justify\"><a title=\"Constitution du Democrasite\" href=\"https:\/\/trans.democrasite.com\/soliane\/2013\/01\/20\/constitution-du-democrasite\/\"><strong>\u2190 retour<\/strong><\/a><\/h4>\n<h4><strong><span style=\"color: #333333\">Si responsabilit\u00e9 en tant que \u00ab\u00a0citoyen parmi le monde\u00a0\u00bb nous avons, elle se construit vis \u00e0 vis de la \u00ab\u00a0praxis\u00a0\u00bb autonome:<\/span><\/strong><\/h4>\n<h4>Artiste associ\u00e9:<a href=\"https:\/\/trans.democrasite.com\/soliane\/?p=2536\"><strong> Jean-Michel Basquiat<\/strong><\/a><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"color: #333333\">La praxis<\/span><\/strong><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">\u00ab Castoriadis adopte et propose une vision politique de la d\u00e9mocratie, et non une vue sociologique ou simplement historique ; ce qui signifie non seulement comprendre, mais articuler l\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 un projet pratique. \u00bb<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Castoriadis ne veut pas se limiter au domaine de la th\u00e9orie : il aborde aussi la question de la mise en pratique de nos id\u00e9es. Cet aller-retour constant entre th\u00e9orie et pratique, il l\u2019appelle praxis (comme d\u00e9j\u00e0 le faisait Marx), et le d\u00e9fend avec ferveur. Rejetant la division entre ceux qui pensent et ceux qui agissent, Castoriadis propose une d\u00e9marche o\u00f9, pour chaque individu, la pens\u00e9e et l\u2019action se compl\u00e8tent et s\u2019enrichissent mutuellement. \u00ab Non plus seulement interpr\u00e9ter le monde, mais le transformer. \u00bb \u00ab S\u2019interroger sur la loi et ses fondements, et ne pas rester fascin\u00e9 par cette interrogation, mais faire et instituer. \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Cette d\u00e9marche, cette praxis, est pour Castoriadis une brique essentielle dans la construction de l\u2019autonomie, car elle fait de chaque individue l\u2019acteur ou actrice d\u2019initiatives, recherches, exp\u00e9rimentations, sans d\u00e9pendre de ma\u00eetres \u00e0 penser. \u00ab La praxis est donc ce qui vise le d\u00e9veloppement de l\u2019autonomie comme fin et utilise \u00e0 cette fin l\u2019autonomie comme moyen. Ainsi d\u00e9finie, la praxis ne se r\u00e9duit pas \u00e0 l\u2019application d\u2019un savoir pr\u00e9alable. Elle est un processus cr\u00e9atif : \u00ab l\u2019objet m\u00eame de la praxis c\u2019est le nouveau \u00bb et \u00ab son sujet lui-m\u00eame est constamment transform\u00e9 \u00e0 partir de cette exp\u00e9rience o\u00f9 il est engag\u00e9 et qu\u2019il fait mais qui le fait aussi. \u00bb. Elle est \u00ab l\u2019agir r\u00e9flexif d\u2019une raison qui se cr\u00e9e dans un mouvement sans fin comme \u00e0 la fois individuelle et sociale \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">L\u00e0 encore Castoriadis s\u2019\u00e9loigne du marxisme, critiquant un syst\u00e8me de pens\u00e9e trop ferm\u00e9, dogmatique. Aux dogmes il oppose \u00ab la praxis, qui n\u2019est pas application d\u2019un savoir pr\u00e9alable, mais ce par quoi l\u2019\u00e9lucidation et la transformation du r\u00e9el progressent dans un rapport intrins\u00e8que et font surgir un savoir nouveau \u00bb.Il ne s\u2019agit pas, \u00e9videmment, d\u2019abandonner la th\u00e9orie r\u00e9volutionnaire, mais bien de la rendre dynamique, vivante, questionnable, ouverte. \u00ab Il est (&#8230;) absurde de vouloir fonder le projet r\u00e9volutionnaire sur une th\u00e9orie compl\u00e8te &#8211; mais tout autant, a contrario, de le rejeter en raison de cette impossibilit\u00e9 \u00bb<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"color: #333333\">\u00a0Histoire du projet d\u2019autonomie<\/span><\/strong><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Le projet de soci\u00e9t\u00e9 autonome peut para\u00eetre une belle utopie, abstraite et id\u00e9ale&#8230; Mais Castoriadis rappelle que ce projet, ce r\u00eave existe depuis des centaines et des milliers d\u2019ann\u00e9es, depuis qu\u2019on a commenc\u00e9 \u00e0 parler de d\u00e9mocratie. \u00ab La tradition du projet d\u2019autonomie se confond avec la tradition d\u00e9mocratique \u00bb. Bien s\u00fbr, la \u00ab d\u00e9mocratie \u00bb d\u2019aujourd\u2019hui est tr\u00e8s loin du projet d\u2019autonomie : elle doit \u00eatre \u00e9tendue, approfondie, Castoriadis parle de \u00ab radicalisation de la probl\u00e9matique d\u00e9mocratique \u00bb. Mais il est bon de rappeler que l\u2019aspiration \u00e0 l\u2019autonomie a des racines solidement ancr\u00e9es dans l\u2019Histoire, qu\u2019elle ne vient pas de nulle part et qu\u2019il n\u2019y a aucune raison qu\u2019elle s\u2019arr\u00eate aujourd\u2019hui. \u00ab Il est certain que ce projet politique est fort loin d\u2019\u00eatre r\u00e9alis\u00e9, mais il n\u2019est pas pour autant une pure vue de l\u2019esprit. Car la d\u00e9mocratie existante est une soci\u00e9t\u00e9 autonome en puissance, et cela, point d\u00e9cisif, parce qu\u2019elle est d\u00e9j\u00e0 partiellement en actes \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Les premi\u00e8res origines du projet d\u2019autonomie, c\u2019est \u00ab la cr\u00e9ation et valorisation de la d\u00e9mocratie, de la philosophie, de la \u00ab possibilit\u00e9 du choix \u00bb \u00bb. Ainsi, ce projet \u00ab est inaugur\u00e9 par l\u2019\u00e9mergence, en Gr\u00e8ce ancienne, (&#8230;) de la philosophie et de la politique, par la cr\u00e9ation de l\u2019interrogation illimit\u00e9e et celle de l\u2019activit\u00e9 explicitement tourn\u00e9e vers l\u2019auto-institution de la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb Les Grecs \u00ab n\u2019ont jamais cess\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la question : qu\u2019est-ce que l\u2019institution de la soci\u00e9t\u00e9 doit r\u00e9aliser ? \u00bb. Ils ont construit une soci\u00e9t\u00e9 qui sur certains points \u00e9tait r\u00e9actionnaire (vote interdit aux femmes, aux \u00e9trangers), et sur d\u2019autres \u00e9tait r\u00e9volutionnaire (\u00e9galit\u00e9 des citoyens, participation de tous les citoyens \u00e0 la vie publique, existence d\u2019un espace public d\u00e9di\u00e9 \u00e0 cette activit\u00e9, importance du logos et de l\u2019ethos). \u00ab Il n\u2019y a pas de \u00ab sp\u00e9cialistes \u00bb des questions politiques [\u00e0 Ath\u00e8nes]. (&#8230;) \u00ab Le bon juge du sp\u00e9cialiste n\u2019est pas un autre sp\u00e9cialiste, mais l\u2019utilisateur \u00bb \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Le projet d\u2019autonomie a continu\u00e9 \u00e0 exister tout au long de l\u2019Histoire, port\u00e9 par tous les mouvements qui visaient une soci\u00e9t\u00e9 plus d\u00e9mocratique, plus \u00e9galitaire : les r\u00e9volutions du XVIII\u00e8me, les Lumi\u00e8res, le mouvement ouvrier&#8230; Ces mouvements et ces exp\u00e9riences avaient toujours leur sp\u00e9cificit\u00e9, r\u00e9inventant \u00e0 chaque fois le projet d\u2019autonomie, notamment dans les p\u00e9riodes de r\u00e9volutions (commune, soviets&#8230;). Le projet d\u00e9mocratique a fait sens dans l\u2019Histoire et fait sens \u00e0 chaque fois qu\u2019il est \u00ab repris, recr\u00e9\u00e9 en tant que projet \u00bb. Il s\u2019appuie aujourd\u2019hui sur \u00ab des pr\u00e9c\u00e9dents historiques qui, malgr\u00e9 leurs \u00e9checs relatifs ou leurs insuffisances, et sans \u00eatre nullement des mod\u00e8les, valent et jouent comme des \u00ab germes \u00bb \u00bb. Tout cela nous aide \u00e0 garder en m\u00e9moire que la petite part de d\u00e9mocratie qui existe dans nos soci\u00e9t\u00e9s \u00ab n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9e par la nature humaine ni octroy\u00e9e par le capitalisme, mais est l\u00e0 comme le r\u00e9sultat (&#8230;) de luttes et d\u2019une histoire qui ont dur\u00e9 plusieurs si\u00e8cles \u00bb<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"color: #333333\">La validit\u00e9 du projet d\u2019autonomie<\/span><\/strong><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Pourquoi choisit-on un projet de soci\u00e9t\u00e9 plut\u00f4t qu\u2019un autre ? Comment le justifie-t-on ? Quelles sont les raisons profondes, ultimes, qui rendent le projet d\u2019autonomie pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 d\u2019autres ? Nos positions politiques partent souvent de principes de base, de pr\u00e9suppos\u00e9s, d\u2019hypoth\u00e8ses inaugurales, difficiles \u00e0 d\u00e9montrer : \u00ab l\u2019humain est naturellement bon \u00bb, \u00ab l\u2019humain est naturellement mauvais \u00bb, \u00ab Dieu existe \u00bb, etc. etc. Si on creuse les discussions politiques, on se heurte souvent, au bout de la conversation, \u00e0 de tels postulats.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Le postulat de base du projet d\u2019autonomie, c\u2019est la raison. L\u2019humain serait dou\u00e9 de raison et aurait int\u00e9r\u00eat \u00e0 s\u2019en servir pour construire la soci\u00e9t\u00e9 qui lui convient, pour la faire fonctionner en toute autonomie. Une d\u00e9monstration rationnelle pourrait confirmer ce postulat de base. Mais le choix d\u2019une d\u00e9monstration rationnelle est d\u00e9j\u00e0 un choix. \u00ab Ce projet est une option raisonnable, mais non pas un \u00ab choix rationnel \u00bb, car il n\u2019existe pas d\u2019argumentation soutenant le choix des valeurs ultimes orientant l\u2019agir humain. Dire cela n\u2019est pas refuser la raison, mais simplement reconna\u00eetre que \u00ab rien ne permet de \u00ab fonder \u00bb les choix ultimes (&#8230;). Rien ne peut nous sauver de notre responsabilit\u00e9 ultime (&#8230;). Pas m\u00eame la Raison. \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Impossible, alors, de clamer que le projet d\u2019autonomie est objectivement le meilleur. Car le choix de la raison, qui le sous-tend, est un choix subjectif. \u00ab L\u2019autonomie n\u2019a rien d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9, elle est un projet dont la r\u00e9ussite n\u2019est nullement assur\u00e9e \u00bb. Cela ne veut pas dire qu\u2019il faut tomber dans un relativisme d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, et abandonner tout projet de soci\u00e9t\u00e9. Cela veut simplement dire que nous devons assumer cette subjectivit\u00e9, cette libert\u00e9, cette responsabilit\u00e9, sans s\u2019en remettre \u00e0 un principe sup\u00e9rieur.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">\u00ab Castoriadis juge m\u00eame que le fait de fonder philosophiquement en raison le projet de la raison est un \u00ab mauvais usage de la raison \u00bb, car la d\u00e9cision m\u00eame de philosopher n\u2019est elle-m\u00eame qu\u2019une manifestation de la libert\u00e9, comme tentative d\u2019\u00eatre libre dans le domaine de la pens\u00e9e : \u00ab nous avons d\u00e9cid\u00e9 que nous voulons \u00eatre libres &#8211; et cette d\u00e9cision est d\u00e9j\u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9alisation de la libert\u00e9 \u00bb. \u00ab Il est impossible de fonder rationnellement la raison sans la pr\u00e9supposer. On doit d\u00e8s lors accepter que (&#8230;) la position de la raison soit inaugurale, qu\u2019elle soit une auto-position inaugurale. \u00bb \u00ab Il reste par exemple le probl\u00e8me du refus de la raison, du droit, de la justification, de la discussion. Cette question difficile ne peut pas \u00eatre \u00e9lud\u00e9e, car il est clair que pour reconna\u00eetre (ou refuser) des raisons, il faut se situer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la raison. \u00bb<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Castoriadis affirme donc que nous ne pouvons nous reposer sur aucune certitude, aucun principe absolu, pour justifier nos choix de soci\u00e9t\u00e9. Il rappelle que toute la responsabilit\u00e9 d\u2019un choix politique revient \u00e0 l\u2019humain, que ce choix ne d\u00e9pend que de lui ou elle, qu\u2019il doit en \u00eatre conscient et assumer cette responsabilit\u00e9. C\u2019est une position plus honn\u00eate que toutes les pr\u00e9tendues v\u00e9rit\u00e9s universelles. Et c\u2019est une position encore une fois coh\u00e9rente avec cette id\u00e9e d\u2019autonomie, selon laquelle l\u2019humain peut d\u00e9cider et agir librement, qu\u2019aucune instance sup\u00e9rieure ne le gouverne ou ne pr\u00e9side \u00e0 ses choix.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Mais \u00e0 ce moment-l\u00e0 se pose la question de l\u2019universalit\u00e9 du projet d\u2019autonomie, comme de tout projet de soci\u00e9t\u00e9. Le choix de la raison serait-il un choix culturel, li\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019Occident, serait-ce pr\u00e9tentieux, serait-ce un ethno-centrisme que de pr\u00e9tendre \u00e0 ce qu\u2019il se r\u00e9pande dans le monde entier, m\u00eame chez des peuples qui ont d\u2019autres cultures ? C\u2019est ce que Castoriadis appelle la question de \u00ab la transvalidit\u00e9 du projet d\u2019autonomie &#8211; le fait qu\u2019il puisse valoir au-del\u00e0 de son contexte d\u2019apparition \u00bb. Car l\u2019acculturation \u00e0 l\u2019autonomie \u00ab repose sur le fait que [l\u2019autonomie] peut faire sens pour d\u2019autres sujets dans d\u2019autres cultures \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Cette question ram\u00e8ne encore une fois \u00e0 celle du relativisme. \u00ab Face \u00e0 la pluralit\u00e9 et l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s humaines (&#8230;) on peut se borner \u00e0 reconna\u00eetre la diff\u00e9rence comme telle, d\u00e9bouchant ainsi sur un relativisme int\u00e9gral. Mais on peut aussi (&#8230;) distinguer la validit\u00e9 de fait, validit\u00e9 non questionn\u00e9e de l\u2019institu\u00e9 pour chaque soci\u00e9t\u00e9, et la validit\u00e9 de droit (&#8230;) que nous introduisons\/acceptons d\u00e8s que nous questionnons la validit\u00e9 de fait. [En s\u2019appuyant sur] la r\u00e9flexion et la d\u00e9lib\u00e9ration, c\u2019est-\u00e0-dire la raison. \u00bb\u00a0 La diff\u00e9rence des cultures humaines n\u2019est donc pas un pr\u00e9texte pour ne jamais les questionner, pour les accepter telles quelles sans discuter. Elle devrait \u00e0 l\u2019inverse alimenter des r\u00e9flexions et permettre des d\u00e9bats inter-culturels sur des projets de soci\u00e9t\u00e9. Les valeurs, relevant du domaine de la subjectivit\u00e9, du choix, de l\u2019opinion, peuvent \u00eatre remises en cause. Et l\u2019on peut d\u00e9fendre l\u2019autonomie comme \u00ab une valeur trans-sociale de droit, (&#8230;) qui repose elle-m\u00eame sur une potentialit\u00e9 de tout \u00eatre humain-social, celle de devenir une subjectivit\u00e9 r\u00e9fl\u00e9chissante, un \u00eatre autonome et citoyen, et sur une potentialit\u00e9 de toute soci\u00e9t\u00e9 humaine, celle de devenir une soci\u00e9t\u00e9 autonome capable de se r\u00e9fl\u00e9chir et de se d\u00e9cider apr\u00e8s d\u00e9lib\u00e9ration \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Mais d\u00e9fendre la valeur d\u2019autonomie en tant que valeur trans-culturelle, universelle, ne veut pas dire l\u2019imposer aux autres cultures. Car le principe m\u00eame de cette valeur implique qu\u2019elle soit adopt\u00e9e en toute connaissance de cause et en toute libert\u00e9 de choix. \u00ab Toute m\u00e9thode violente est exclue par principe, car auto-contradictoire. (&#8230;) C\u2019est seulement moyennant la propagation par l\u2019exemple de ces valeurs et principes fondamentaux (&#8230;) et moyennant leur appropriation par les autres cultures, les autres soci\u00e9t\u00e9s et les autres individus, que le projet d\u2019autonomie peut acqu\u00e9rir une transvalidit\u00e9 \u00e0 la fois de droit et de fait. \u00bb Quoi qu\u2019il en soit, plusieurs exemples de luttes sociales dans des pays lointains montrent que les principes li\u00e9s \u00e0 l\u2019autonomie existent en germe dans d\u2019autres cultures que la n\u00f4tre, au point que les autorit\u00e9s locales pr\u00e9sentent le besoin de leur opposer une forte r\u00e9pression.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"color: #333333\">Une soci\u00e9t\u00e9 autonome<\/span><\/strong><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">\u00ab L\u2019objectif de la politique n\u2019est pas le bonheur, \u00ab affaire priv\u00e9e \u00bb, mais la libert\u00e9. \u00bb<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Que sera, concr\u00e8tement, une soci\u00e9t\u00e9 autonome ? L\u2019autonomie appliqu\u00e9e \u00e0 diverses cultures donnera-t-elle des soci\u00e9t\u00e9s similaires voire identiques ? Quels sont les principes li\u00e9s \u00e0 l\u2019autonomie ? L\u2019autonomie entra\u00eene-t-elle automatiquement avec elle d\u2019autres valeurs sociales ? \u00ab L\u2019autonomie vaut aussi et surtout pour pouvoir faire des choses. Mais faire quoi ? Ce \u00ab quoi \u00bb a rapport aux contenus, (&#8230;) aux valeurs positives d\u2019orientation de l\u2019action. \u00bb. Ces valeurs seront diverses selon les soci\u00e9t\u00e9s et n\u2019ont pas \u00e0 \u00eatre prescrites, mais on devine qu\u2019elles auront \u00e0 voir avec l\u2019\u00e9galit\u00e9, la libert\u00e9, la justice.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">D\u00e9veloppons un peu. La libert\u00e9, c\u2019est \u00ab l\u2019espace de mouvement et d\u2019action le plus large possible. \u00bb L\u2019\u00e9galit\u00e9, c\u2019est une \u00ab \u00e9galit\u00e9 de droits et de devoirs, (&#8230;) et de toutes les possibilit\u00e9s effectives de faire \u00bb. \u00ab Libert\u00e9 et \u00e9galit\u00e9 s\u2019impliquent r\u00e9ciproquement. \u00bb. Et quant \u00e0 la justice, \u00ab une soci\u00e9t\u00e9 juste n\u2019est pas une soci\u00e9t\u00e9 qui a adopt\u00e9, une fois pour toutes, des lois justes, [mais] une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la question de la justice reste constamment ouverte &#8211; autrement dit, o\u00f9 il y a toujours possibilit\u00e9 socialement effective d\u2019interrogation sur la loi et le fondement de la loi \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Quand Castoriadis parle d\u2019\u00e9galit\u00e9, \u00ab il s\u2019agit \u00ab d\u2019\u00e9galit\u00e9 politique, d\u2019\u00e9galit\u00e9 de participation au pouvoir \u00bb ; et non d\u2019identit\u00e9 ou d\u2019uniformit\u00e9 entre les individus \u00bb. \u00ab Le projet d\u2019autonomie est incoh\u00e9rent et inconsistant s\u2019il ne r\u00e9serve pas d\u2019embl\u00e9e une place centrale \u00e0 la question des conditions d\u2019exercice de l\u2019autonomie. \u00bb. En effet, l\u2019autonomie a-t-elle un sens si elle est r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 quelques privil\u00e9gi\u00e9s ? \u00ab Pas d\u2019ex\u00e9cution sans participation \u00e9galitaire \u00e0 la prise de d\u00e9cisions. \u00bb. Quelles sont alors les conditions de cette \u00e9galit\u00e9 politique, comment la construire ? L\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u00e9mocratique \u00ab implique non seulement la capacit\u00e9 de juger, mais aussi \u00ab le temps n\u00e9cessaire pour l\u2019information et la r\u00e9flexion &#8211; ce qui conduit directement \u00e0 la question de la production et de l\u2019\u00e9conomie \u00bb \u00bb. L\u2019\u00e9galit\u00e9 politique requiert donc d\u2019une part une \u00e9ducation et une information qui donnent \u00e0 tous les moyens intellectuels de participer \u00e0 l\u2019autogestion de la soci\u00e9t\u00e9, et d\u2019autre part une \u00e9conomie qui n\u2019accapare pas toute enti\u00e8re le temps et les forces des humains, qui leur en laisse suffisamment pour qu\u2019ils puissent se pencher v\u00e9ritablement sur les questions de soci\u00e9t\u00e9. Le principal argument des partisan-e-s de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative n\u2019est-il pas qu\u2019ils manquent de temps, le soir en rentrant du travail, pour se pr\u00e9occuper de politique, et qu\u2019ils sont contents de pouvoir d\u00e9l\u00e9guer cette t\u00e2che \u00e0 des sp\u00e9cialistes ?<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Toutes ces id\u00e9es sont bien belles, mais, diront les sceptiques, comment les appliquera-t-on dans la r\u00e9alit\u00e9 ? Comment faire fonctionner, concr\u00e8tement, une soci\u00e9t\u00e9 autonome ? Castoriadis se garde de donner une r\u00e9ponse toute faite, une recette magique et fig\u00e9e. Mais il a quand m\u00eame donn\u00e9 quelques pistes, notamment \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la revue Socialisme et Barbarie, en s\u2019inspirant du conseillisme. Il rappelle d\u2019abord qu\u2019il s\u2019agit de permettre \u00ab une participation civique maximale, elle-m\u00eame rendue possible par des institutions ad\u00e9quates. \u00bb \u00ab Les institutions, et au premier chef le travail, doivent devenir compr\u00e9hensibles et contr\u00f4lables \u00bb. Les institutions sont des outils, des moyens, qui doivent rester enti\u00e8rement ma\u00eetris\u00e9s par leurs usagers, et qui doivent aider l\u2019exercice \u00e9galitaire de l\u2019autonomie. Par exemple ce seront des outils d\u2019information pertinente. Ou des corps de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s tournants et r\u00e9vocables (\u00ab toute irr\u00e9vocabilit\u00e9 (&#8230;) tend logiquement et r\u00e9ellement \u00e0 \u00ab autonomiser \u00bb le pouvoir \u00bb). Ou des fonctionnements qui permettront au peuple de \u00ab revenir \u00e9ventuellement sur une d\u00e9cision erronn\u00e9e ou sur une mauvaise loi et la modifier \u00bb. Ou des structures f\u00e9d\u00e9rales qui uniront les diff\u00e9rentes collectivit\u00e9s locales, (les \u00ab conseils \u00bb) assurant \u00e0 la fois leur mise en r\u00e9seau efficace, \u00e0 la fois une d\u00e9centralisation maximale de la soci\u00e9t\u00e9. Ou des entreprises administratives, soumises au pouvoir de l\u2019A.G. des conseils, qui restent en place entre ces A.G. et qui en assurent la continuit\u00e9.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Et sur le plan \u00e9conomique ? Castoriadis \u00e9nonce l\u2019id\u00e9al d\u2019une \u00e9conomie autog\u00e9r\u00e9e qui pourrait \u00ab restaurer la domination de l\u2019homme sur la technique et r\u00e9tablir le travail dans son caract\u00e8re d\u2019activit\u00e9 cr\u00e9atrice \u00bb. Il note bien que \u00ab la d\u00e9mocratie implique l\u2019autogestion, qui est elle-m\u00eame la d\u00e9mocratie dans la production \u00bb. Autrement dit, cette fameuse autogestion correspond \u00e0 \u00ab la r\u00e9unification des fonctions de direction et d\u2019ex\u00e9cution et la suppression de la contrainte \u00e9conomique \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Castoriadis d\u00e9crit \u00e9galement une institution possible pour aider l\u2019autogestion de l\u2019\u00e9conomie : \u00ab l\u2019usine du plan \u00bb. \u00ab La gestion de l\u2019\u00e9conomie par les travailleurs mobilise un dispositif technique sans pouvoir propre, \u00ab l\u2019usine du plan \u00bb, qui permet d\u2019\u00e9laborer, \u00e0 partir d\u2019un objectif final, des plans comportant toutes les implications en termes de quantit\u00e9 de travail, de productivit\u00e9, etc. D\u00e9terminant les 2 donn\u00e9es fondamentales &#8211; le temps de travail qu\u2019elle veut consacrer \u00e0 la production, la r\u00e9partition de la production entre consommation priv\u00e9e, consommation publique et investissement &#8211; la collectivit\u00e9 choisit en toute connaissance de cause dans la gamme des orientations possibles, d\u00e9finies \u00e0 l\u2019aide des plans. \u00bb.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #333333\">Autant ces formes d\u2019institutions peuvent donner des id\u00e9es et r\u00e9pondre aux pragmatismes primaires et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, autant elles ne doivent pas \u00eatre vues comme indiscutables et parfaites : dans l\u2019autonomie rien n\u2019est indiscutable, et rien ne sert de mod\u00e8le absolu. Castoriadis rappelle constamment que les institutions, dans une soci\u00e9t\u00e9 autonome, seront le fruit de la d\u00e9lib\u00e9ration, de l\u2019imagination des exp\u00e9rimentations de chaque collectivit\u00e9. Et pour pr\u00e9ciser la mani\u00e8re dont il voit leur r\u00f4le, il \u00e9crit que \u00ab le probl\u00e8me crucial d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 post-r\u00e9volutionnaire n\u2019est ni celui de la \u00ab gestion de la production \u00bb ni celui de l\u2019organisation de l\u2019\u00e9conomie.<\/span> C\u2019est le probl\u00e8me politique proprement dit, ce que l\u2019on pourrait appeler le n\u00e9gatif du probl\u00e8me de l\u2019Etat, \u00e0 savoir, la capacit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9tablir et de conserver son unit\u00e9 explicite et concr\u00e8te sans qu\u2019une instance s\u00e9par\u00e9e et relativement autonome &#8211; l\u2019appareil d\u2019Etat &#8211; soit charg\u00e9 de cette \u00ab t\u00e2che \u00bb \u00bb.<\/h4>\n<h4><strong>La Praxis autonome c&rsquo;est l&rsquo;anti-d\u00e9terminisme \u00e9conomique:<\/strong><\/h4>\n<h4><strong>Qu&rsquo;est-ce que<\/strong>\u00a0le d\u00e9terminisme:<\/h4>\n<h4>Pris dans le sens le plus g\u00e9n\u00e9ral du mot, d\u00e9terminisme signifie le conditionnement d&rsquo;une chose par une autre. Tout fait, tout ph\u00e9nom\u00e8ne, tout \u00e9v\u00e9nement n&rsquo;est, au fond, qu&rsquo;un anneau dans une cha\u00eene de faits dont chacun est pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9 par les faits pr\u00e9c\u00e9dents (les causes ou les motifs) et engendre fatalement les faits ult\u00e9rieurs (les cons\u00e9quences). Il n&rsquo;y a pas de fait sans raison d\u00e9terminante. Tout ce qui est dans le monde a sa raison d\u00e9termin\u00e9e. Tout se produit infailliblement quand certaines conditions sont donn\u00e9es et ne se produit pas dans le cas contraire. Il existe donc une liaison \u00e9troite, inviolable, entre tous les ph\u00e9nom\u00e8nes de la nature, de la vie, de tout ce qui est dans le monde. Telle est la formule g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;id\u00e9e du d\u00e9terminisme.<\/h4>\n<h4>Exprim\u00e9e de cette fa\u00e7on tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rale, cette id\u00e9e ne contient encore que dans le germe la fameuse controverse, le grand probl\u00e8me philosophique, psychologique, \u00e9thique et social, qui est connu plut\u00f4t comme celui du libre arbitre et dont la solution d\u00e9finitive se fait toujours attendre.<\/h4>\n<h4>Formul\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement, l&rsquo;id\u00e9e du d\u00e9terminisme ne sp\u00e9cifie pas encore la nature de la raison d\u00e9terminante. Cependant, cette derni\u00e8re peut varier : par exemple, elle peut \u00eatre externe et transitive ou interne et immanente ; elle peut \u00eatre soit logique ou rationnelle, soit efficiente ou causale, etc. Or, il suffit de r\u00e9fl\u00e9chir d&rsquo;une fa\u00e7on plus approfondie sur la nature de cette raison et surtout de t\u00e2cher d&rsquo;en d\u00e9duire certaines conclusions pratiques, pour se rendre compte de la grande complexit\u00e9 du probl\u00e8me.<\/h4>\n<h4>Traitant le sujet plus \u00e0 fond au libre arbitre (voir ce mot), je me bornerai ici \u00e0 exposer dans ses grandes lignes le sort historique de la doctrine du d\u00e9terminisme.<\/h4>\n<h4>Ce furent les anciens, les Grecs notamment, qui, les premiers, pos\u00e8rent le probl\u00e8me. Ils le firent sous le jour \u00e9thique et psychologique. Socrate, Platon, Aristote, les sto\u00efciens, et nombre de philosophes grecs et romains (Cic\u00e9ron) post\u00e9rieurs, s&rsquo;occup\u00e8rent \u00e0 formuler certaines objections \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e &#8211; \u00e0 cette \u00e9poque assez vague encore \u2013 du d\u00e9terminisme universel. Leur but fut toujours d&rsquo;\u00e9tablir une certaine libert\u00e9 psychologique et \u00e9thique de l&rsquo;homme : libert\u00e9 int\u00e9rieure de son raisonnement, de son jugement, de sa volont\u00e9, de son action. L&rsquo;argumentation de ces divers philosophes et de diff\u00e9rentes \u00e9coles philosophiques de l&rsquo;antiquit\u00e9 variait beaucoup, mais tous ils s&rsquo;effor\u00e7aient de limiter, d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre, le principe du d\u00e9terminisme, par rapport \u00e0 l&rsquo;homme. Ils penchaient vers la reconnaissance du libre choix chez l&rsquo;homme, donc vers le libre arbitre. Autrement, ils n&rsquo;auraient pu \u00e9tablir leurs c\u00e9l\u00e8bres conceptions \u00e9thiques.<\/h4>\n<h4>Ainsi, sur le terrain \u00e9tique tout d&rsquo;abord, le probl\u00e8me fut pos\u00e9, la controverse naquit.<\/h4>\n<h4>Philosophiquement, mat\u00e9riellement, moralement, socialement, etc., l&rsquo;homme est-il libre et ind\u00e9pendant d&rsquo;une pr\u00e9d\u00e9termination fatale ou, au contraire, toute son activit\u00e9 n&rsquo;est-elle qu&rsquo;un r\u00e9sultat in\u00e9vitable de causes et de motifs se trouvant en dehors de sa volont\u00e9 personnelle qui, dans ce cas, ne serait qu&rsquo;une illusion? Tel fut le probl\u00e8me l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 par la pens\u00e9e antique.<\/h4>\n<h4><img decoding=\"async\" title=\"Lire la suite\u2026\" alt=\"\" src=\"https:\/\/trans.democrasite.com\/soliane\/wp-includes\/js\/tinymce\/plugins\/wordpress\/img\/trans.gif\" \/><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><a href=\"http:\/\/infokiosques.net\/imprimersans2.php3?id_article=156\" target=\"_blank\">source: http:\/\/infokiosques.net\/imprimersans2.php3?id_article=156<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si responsabilit\u00e9 en tant que \u00ab citoyen parmi le monde \u00bb nous avons, elle se construit vis \u00e0 vis de la \u00ab praxis \u00bb autonome:<br \/>\nla capacit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9tablir et de conserver son unit\u00e9 explicite et concr\u00e8te sans qu\u2019une instance s\u00e9par\u00e9e et relativement autonome &#8211; l\u2019appareil d\u2019Etat &#8211; soit charg\u00e9 de cette \u00ab t\u00e2che \u00bb \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":30,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,14],"tags":[],"class_list":["post-2343","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-c2","category-c1"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2343","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/users\/30"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2343"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2343\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2343"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2343"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2343"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}