{"id":39,"date":"2014-05-05T17:29:29","date_gmt":"2014-05-05T16:29:29","guid":{"rendered":"http:\/\/democrasite.com\/soliane\/?p=39"},"modified":"2014-09-30T09:10:59","modified_gmt":"2014-09-30T08:10:59","slug":"liberte-et-egalite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/2014\/05\/05\/liberte-et-egalite\/","title":{"rendered":"9- Libert\u00e9 et \u00e9galit\u00e9"},"content":{"rendered":"<h4><span style=\"color: #ff6600\"><strong><a title=\"Du changement social dans la soci\u00e9t\u00e9 technologique\" href=\"https:\/\/trans.democrasite.com\/soliane\/2014\/05\/05\/du-changement-social-dans-la-societe-technologique\/\"><span style=\"color: #ff6600\">\u2190 retour<\/span><\/a><\/strong><\/span><\/h4>\n<h4><span style=\"color: #333333\"><b>Un autre point de vue est celui de CORNELIUS CASTORIADIS<\/b><\/span><\/h4>\n<h4><span style=\"color: #333333\">CORNELIUS CASTORIADIS: (11 mars 1922 \u00e0 Constantinople &#8211; 26 d\u00e9cembre 1997 \u00e0 Paris) est un philosophe, \u00e9conomiste et psychanalyste fran\u00e7ais d\u2019origine grecque.<\/span><\/h4>\n<h4><span style=\"color: #333333\">Une soci\u00e9t\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e par Castoriadis comme h\u00e9t\u00e9ronome lorsqu\u2019elle est institu\u00e9e de telle fa\u00e7on \u00e0 ce que ses normes sociales, ses lois et encore ses repr\u00e9sentations du monde, au lieu d\u2019\u00eatre lucidement consid\u00e9r\u00e9es comme des cr\u00e9ations de la soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame (de \u00ab<i> l\u2019imaginaire collectif instituant<\/i> \u00bb), sont au contraire attribu\u00e9es \u00e0 une source \u00ab extra-sociale \u00bb, la plupart du temps transcendante. Ainsi, les soci\u00e9t\u00e9s h\u00e9t\u00e9ronomes sont celles qui se repr\u00e9sentent leurs institutions et leurs valeurs comme indubitablement vraies et justes, estimant qu\u2019elles poss\u00e8dent un fondement absolu, celui-ci pouvant \u00eatre Dieu ou les dieux, les Anc\u00eatres, la Nature Humaine, ou encore, dans un registre plus contemporain, les \u00ab lois \u00bb de l\u2019histoire ou de l\u2019\u00e9conomie.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\">\u2666<\/h4>\n<h4><span style=\"color: #333333\">Par opposition \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 h\u00e9t\u00e9ronome et \u00e0 son \u00ab imaginaire \u00bb, pour lesquelles les significations et institutions sociales sont pos\u00e9es comme indiscutables, une soci\u00e9t\u00e9 autonome correspond pour Castoriadis \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 qui entame une dynamique \u00ab d\u2019interrogation illimit\u00e9e \u00bb sur ce que sont la justice et la v\u00e9rit\u00e9, \u00e0 partir de la prise de conscience que toutes deux (justice et v\u00e9rit\u00e9) renvoient \u00e0 des questions non susceptibles d\u2019\u00eatre r\u00e9solues de mani\u00e8re d\u00e9finitive. En d\u2019autres termes, une soci\u00e9t\u00e9 ne peut devenir autonome que si elle (ses membres) entretient un rapport lucide \u00e0 ses significations <i>imaginaires sociales<\/i> et \u00e0 ses institutions, et donc, selon Castoriadis, si elle se reconnait elle-m\u00eame comme \u00e0 l\u2019origine de celles-ci, plut\u00f4t que d\u2019instituer la croyance selon laquelle elles proviendraient d\u2019une source extra-sociale incontestable (divinit\u00e9s, lois \u00e9conomiques ou lois de l\u2019histoire, etc.). C\u2019est en ce sens que Castoriadis parle de la \u201crupture de la <i>cl\u00f4ture de l\u2019imaginaire institu\u00e9<\/i>\u201d (ou \u201ccl\u00f4ture du sens\u201d), celle-ci qui garantissait comme vraies et justes les normes sociales \u00e9tablies. Par l\u00e0, se comprend aussi l\u2019id\u00e9e qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 autonome, est celle qui se confronte lucidement au\u00a0 \u201cChaos\/Ab\u00eeme\/Sans-Fond\u201d qu\u2019elle repr\u00e9sente pour elle-m\u00eame, et que le monde repr\u00e9sente en tant qu\u2019il ne nous fournit aucune norme ni aucun crit\u00e8re objectif pour l\u2019institution de la soci\u00e9t\u00e9.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\">\u2663<\/h4>\n<h4><span style=\"color: #333333\"><b>*<\/b>l\u2019imaginaire social, qui cr\u00e9e le langage, qui cr\u00e9e les institutions, qui cr\u00e9e la forme m\u00eame de l\u2019institution\u00a0 chaque fois que des humains sont assembl\u00e9s, se donne \u00e0 chaque fois une figure singuli\u00e8re, institu\u00e9e, pour exister, cet imaginaire est pens\u00e9 sous deux aspects: l\u2019imaginaire social instituant d\u2019une part, qui correspond \u00e0 l\u2019activit\u00e9 et \u0153uvre cr\u00e9atrice en elle-m\u00eame, et d\u2019autre part l\u2019imaginaire social institu\u00e9, qui d\u00e9signe le r\u00e9sultat de cette activit\u00e9 cr\u00e9atrice, soit les institutions et significations sociales (normes, langage, lois, repr\u00e9sentations, et encore, parmi ce qu\u2019il entend par institutions, \u00ab [les] outils, [les] proc\u00e9dures et m\u00e9thodes de faire face aux choses et de faire des choses, et, bien entendu, l\u2019individu lui-m\u00eame \u00bb&#8230;)<\/span><\/h4>\n<h4><span style=\"color: #333333\"><b>*<\/b>Cl\u00f4ture de l\u2019imaginaire institu\u00e9: Castoriadis estime qu\u2019aucune cl\u00f4ture repr\u00e9sentationnelle et institutionnelle ne peut \u00eatre absolue, ni donc entra\u00eener l\u2019inertie totale d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 (sa reproduction \u00e0 l\u2019identique ind\u00e9finiment)<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\">\u2665<\/h4>\n<h4><span style=\"color: #333333\">Cette rupture, Castoriadis la rapporte \u00e0 deux activit\u00e9s qu\u2019il associe sans cependant les confondre: la philosophie, ayant pour objet la question de la v\u00e9rit\u00e9, et la politique, concernant la question de la justice. Une soci\u00e9t\u00e9 est donc autonome si, sachant qu\u2019elle est \u00e0 l\u2019origine de sa propre cr\u00e9ation, elle est capable de s\u2019interroger en permanence sur la validit\u00e9 de ses institutions, de ses lois, de ses normes, et par suite, de les transformer. C\u2019est d\u2019ailleurs la raison pour laquelle Castoriadis emploie le terme d\u2019autonomie, dont il rappelle l\u2019\u00e9tymologie, \u201cauto-nomos\u201d, qui renvoie \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une cr\u00e9ation lucide et r\u00e9flexive du nomos de la soci\u00e9t\u00e9 (lois, normes, etc.). Il affirme en ce sens qu\u2019\u00ab \u00eatre autonome, pour un individu ou une collectivit\u00e9, ne signifie pas \u00ab faire ce que l\u2019on d\u00e9sire \u00bb, ou ce qui nous pla\u00eet dans l\u2019instant, mais se donner ses propres lois. \u00bb. En effet, Castoriadis consid\u00e8re que la d\u00e9termination de normes et de lois est une pratique inh\u00e9rente \u00e0 toute soci\u00e9t\u00e9 humaine, et estime que l\u2019id\u00e9e d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 sans pouvoir est une fiction, qu\u2019il y a toujours du pouvoir au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, quand bien m\u00eame celui-ci serait tellement int\u00e9rioris\u00e9 par les individus qu\u2019il ne se manifesterait pas explicitement au travers d\u2019une hi\u00e9rarchie sociale marqu\u00e9e. Il s\u2019agirait donc non pas de lutter contre toute forme de pouvoir, mais de faire en sorte que ce pouvoir soit partag\u00e9 par tous.\u00a0De ce fait, une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, autrement dit autonome, est selon Castoriadis une soci\u00e9t\u00e9 qui pose l\u2019\u00e9galit\u00e9 des citoyens comme la condition de possibilit\u00e9 de leur libert\u00e9&#8230; Libert\u00e9 et \u00e9galit\u00e9 ne s\u2019opposeraient donc pas mais seraient au contraire deux notions indissociables: on ne peut \u00eatre dit libre, d\u2019apr\u00e8s Castoriadis, que si l\u2019on n\u2019est domin\u00e9 par personne, si donc personne n\u2019a plus de pouvoir que soi pour d\u00e9cider des r\u00e8gles communes qui nous concerneront.<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\">\u2663<\/h4>\n<h4><span style=\"color: #333333\">Il associe ainsi la d\u00e9mocratie \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019instaurer une v\u00e9ritable sph\u00e8re publique, qu\u2019il nomme sph\u00e8re publique-publique ou ekklesia, qui correspond aux institutions du \u201cpouvoir explicite\u201d (institutions politiques), et qui doit donc selon lui v\u00e9ritablement appartenir \u00e0 tous les citoyens, et non \u00eatre \u201cprivatis\u00e9e\u201d, que ce soit par une \u00e9lite politique, une bureaucratie, ou quelconques experts &#8211; experts qui pour Castoriadis, ne sauraient exister dans le domaine politique<\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: right\"><a title=\"Culture et identit\u00e9 terrienne\" href=\"https:\/\/trans.democrasite.com\/soliane\/2014\/05\/05\/culture-et-identite-terrienne\/\"><strong>Suite&#8230;<\/strong><\/a><\/h4>\n<h4><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1554\" alt=\"Parent 11c\" src=\"https:\/\/trans.democrasite.com\/soliane\/files\/2014\/05\/Parent-11c.jpg\" width=\"709\" height=\"170\" srcset=\"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/files\/2014\/05\/Parent-11c.jpg 709w, https:\/\/democrasite.com\/soliane\/files\/2014\/05\/Parent-11c-300x71.jpg 300w, https:\/\/democrasite.com\/soliane\/files\/2014\/05\/Parent-11c-220x52.jpg 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px\" \/><\/h4>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2190 retour Un autre point de vue est celui de CORNELIUS CASTORIADIS CORNELIUS CASTORIADIS: (11 mars 1922 \u00e0 Constantinople &#8211; 26 d\u00e9cembre 1997 \u00e0 Paris) est un philosophe, \u00e9conomiste et psychanalyste fran\u00e7ais d\u2019origine grecque. Une soci\u00e9t\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e par Castoriadis comme h\u00e9t\u00e9ronome lorsqu\u2019elle est institu\u00e9e de telle fa\u00e7on \u00e0 ce que ses normes sociales, ses [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":30,"featured_media":1553,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-39","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/users\/30"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1553"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=39"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/democrasite.com\/soliane\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=39"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}