7- Du design d’éco-village au design global

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Reprenons; le design vient du mot designare, qui signifie à la fois “designer, signifier, tracer, marquer, dessiner, montrer, indiquer, produire, ordonnancer” ; c’est une manière d’être pour améliorer les espaces de vie et de travail, les produits, les codes et les signes dans une démarche industrielle où créativité, innovation, beauté et fonctionnalité s’associent étroitement à l’aide de valeurs et contraintes, de la conception à la réalisation et la production.

Le design global est une démarche créative qui permet à une entreprise d’adopter une conception transversale et plus cohérente dans ses méthodes de communication pour atteindre une meilleure représentation et efficacité.C’est une méthode qui permet à l’entreprise d’évoluer, en sondant chaque étape de son développement, afin de vérifier ses capacités d’innovation et son aptitude à répondre à de nouvelles demandes par une force de proposition qui respecte la cohérence globale voulue.

Le terme « design global », émergent en France, est amené à se développer. Le premier exemple est la nécessité de plus en plus courante des agences de communication à ajouter à leurs compétences celles d’un architecte d’intérieur ou d’un styliste. On remarquera aussi la création de cursus universitaires comme le design d’espace, lié à ceux du stylisme et de la communication visuelle.

Mon travail se situe dans la perspective d’un Design global à dimension publique, Un Design global à l’échelle planétaire, local-global

Ce  genre d’idée part  d’une intuition longuement mûrie, cela peut prendre des décennies (Octave Nitkowski enfant jouait avec son frère aux playmobils qu’ils utilisaient pour créer de nouvelles institutions politiques). Que fera-t-il de cette sensibilité à l’âge mûr ? Cela pourrait s’inscrire dans le roman social d’anticipation. Et dans le roman social d’anticipation le temps finit toujours par vous rattraper . Mon intuition première c’est que nous avons du mal à nous fixer les rapports d’échelle.

L’échelle, la vraie dans mon roman social c’est le quartier et le monde, et le dilemme de l’artiste c’est de devoir justifier de sa fonction sociale  et de retrouver une proximité avec le public. Son rôle ne serait-il pas de s’impliquer dans l’élaboration d’une nouvelle conscience collective et pour ce faire, aborder le travail collectif justement. Nous sommes à l’époque des réseaux et cherchons naturellement un rapprochement avec la nature. La forêt qui pousse en silence ce sont les milliers d’initiatives à travers le monde d’éco-villages, d’écoquartiers urbains et de communautés d’initiatives de transition. Ne serait-ce pas là le commencement d’un cyber-romantisme ? Nous en sommes là, à l’heure d’un choix pas si compliqué que ça, passer en mode éco-citoyen du monde. Dans la pensée contemporaine nous pouvons trouver toutes les réponses à nos questions pour nous construire un avenir et réussir la concorde sociale, mais le chantier  est immense.

* Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule une initiative de transition, c’est-à-dire un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

*Concorde sociale: Union des cœurs et des volontés, qui produit la paix.

Je m’appuie sur le discours de Jonathan DAWSON président du Global Ecovillage Network (Le grand réseau des écovillages dans le monde), point de départ d’une véritable expérience humaine tournée vers l’avenir. Jonathan DAWSON: “Depuis la fin des idéologies (libéralisme et marxisme), nous essayons de trouver un paradigme qui nous assemble durablement. Nous l’avons trouvé avec les communautés de résilience, non centrées sur l’individu, la tribu ou l’Etat. Ce paradigme porte des noms différents, Communautés intentionnelles ou Ecovillages ou Agenda 21 local ou Towns transition ou Plan climat ou Cités jardins… La profusion des termes montre la richesse de cette alternative à la société thermo-industrielle dominante. L’intérêt principal des communautés de résilience, c’est qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle idéologie, mais d’une pratique : comment faire en sorte que sa communauté d’appartenance puisse faire face prochainement aux chocs que sont  l’épuisement des ressources fossiles (le pic pétrolier…), le réchauffement climatique, l’éloignement de l’homme par rapport à la nature.”

* Une communauté de résilience est un groupement de personnes structuré et organisé pour s’adapter rapidement au changement, surmonter un traumatisme, tout en maintenant sa cohésion et des relations ouvertes avec le reste du monde.

*société thermo-industrielle “qui a choisi la chaleur comme seul moyen de puissance”.

Il préconise “Une rupture avec l’organisation sociale actuelle” Jonathan DAWSON: “Notre époque est marquée par une rupture profonde du tissu communautaire dans les pays riches du Nord et dans le monde entier. A la fin des années 1980, le déclin en termes de qualité de vie était tangible. L’augmentation des taux de criminalité, de dépressions, de consommation de drogues et de suicides indique très clairement l’anomie croissante vécue par beaucoup. Jamais les écosystèmes n’ont été aussi menacés. Ces cinquante dernières années ont été le théâtre du démantèlement des structures et des connaissances dont nous avons besoin pour survivre. L’intégrité des communautés est passée sous le rouleau compresseur des politiques économiques favorisant la production et la distribution de masse ainsi que la libre circulation des capitaux dans le monde. La société actuelle est à peine capable de satisfaire à ses besoins essentiels à l’aide des compétences, des ressources et des matériaux disponibles localement. Construire ensemble une transition est le grand défi qui attend notre civilisation.”

*L’anomie (du grec  / anomía, du préfixe – a- « absence de » et/ nómos « loi, ordre, structure ») est l’état d’une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite de l’humain et assurent l’ordre social.

Ainsi au cours de la conférence “UN habitat” à Istanbul en 1996, le GEN (Global Ecovillage network) naquit. Il s’agit d’une confédération mondiale de personnes et de communautés qui partagent leurs idées, échangent des technologies et mettent en place des échanges culturels et éducatifs. Le premier T-shirt du GEN portait en gros caractère la mention Welcome To The Future

Suite…

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