6- Une architecture aboutie, auto-construite, autosuffisante

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Sur ce point le programme de l’Internationale Situationniste en 1972 prévoyait de mettre en œuvre des moyens et des méthodes artistiques, non pas pour produire de l’art ou critiquer la politique, mais pour produire de la réalité. La vie réelle de l’individu se concrétise dans son quotidien. C’est seulement dans la subjectivité vécue qu’il peut retrouver la vie dont le spectacle et le spectacle de l’art l’a dépossédé. Partons donc du principe qu’une révolution qui ne changerait pas fondamentalement la réalité quotidienne de tout un chacun ne serait ni plus ni moins qu’une nouvelle forme de domination et de spoliation.

Un rapport d’échelle et de moyens se pose alors, du parlement de quartier aux institutions nationales: Le revenu universel d’insertion. Le partage du travail – que l’on doit toujours entendre dans le sens de partage du travail salarié est une façon de relever le défi de la transformation de notre structure de travail basée sur l’emploi en une structure de travail autonome: une structure mieux adaptée à l’exécution des tâches non-programmables qui constituent la véritable demande de travail d’une société post-industrielle. Il s’agit de travailler plus et de travailler mieux.Travailler plus, globalement, parce que le travail partagé fait que l’on travaille tous. On réintègre les chômeurs, les assistés sociaux et les décrocheurs, ceux qui cessent de participer, les “déserteurs par résignation” de la population active. Ce qu’on veut, c’est un travailleur libéré des heures salariées et qui devienne productif hors de la structure des emplois, productif comme travailleur autonome dans des activités non-programmables qui correspondent vraiment à la demande. Un emploi à temps plus ou moins complet en échange d’un salaire garanti; sous la forme, durant la partie de son temps dont il a été libéré, d’un effort d’apprentissage ou d’un travail en parallèle comme travailleur autonome. C’est cette double approche qui permet de financer la transition. Quand la solidarité le sous-tend au palier des besoins essentiels et qu’il offre à chacun une chance égale de réussir en fonction de ses efforts, le système de libre entreprise dans un contexte d’économie sociale et solidaire est sans doute le meilleur des systèmes économiques.

*Définition des activités non-programmables: activités théoriquement non rentables pour une entreprise de type classique (du point de vue du modèle horaire et contractuel), mais non moins vitales pour la bonne santé du tissu social.

Pour en revenir sur l’impossibilité d’instituer au niveau d’un parlement de quartier un revenu universel d’insertion, la responsabilité de ce parlement de quartier est dès lors de mettre en oeuvre les conditions d’une réponse globale et universelle aux conditions de vie : logement, alimentation, habillement, objets de la vie courante à tout à chacun librement. Pour la réalisation de ces conditions, j’imagine une architecture non pas issue d’une Re-Renaissance mais une architecture aboutie, auto-construite, autosuffisante avec son service public d’échanges (Banque de temps ect…), sa ressourcerie, sa plateforme de mobilité, son Phalansthère écolieu consacrant l’évidence du parlement de quartier, agora vivante, palpitante jour et nuit, capable d’abriter, de nourrir, de prendre soin d’une parcelle représentative du monde. Cela prendrait la forme d’une ONGE abritant l’université populaire, le bureau de design global et le parlement de quartier formant une entité “L’écolieu” inséré dans le réseau globalisé.

 

Peu importe la structure à l’origine d’un mouvement de la pensée du global-local éco-citoyenne du monde, elle est appelée à se modifier autant que nécessaire. Le seul but étant notre émancipation d’un ordre financier pour une nouvelle politique de civilisation introduite par Edgar Morin.

Suite…

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